Depuis des années, des élèves montréalais ayant une déficience visuelle s’entraident à persévérer dans le sport grâce à une formule inspirante.

Ces jeunes fréquentent l’école Philip E. Layton (PEL), un établissement spécialisé de Montréal où de jeunes sportifs s’encouragent l’un l’autre à « bouger comme le vent ».

Gowrish Subramaniam était l’un d’eux. Avant d’y terminer ses études primaires l’an dernier, il y a pratiqué la natation, la course et le saut en longueur.

Lorsqu’il s’exerçait chaque année en vue du Défi sportif AlterGo, ses camarades de classe, lui et leur professeur d’éducation physique se poussaient à « courir comme le vent ».

Celui qui fréquente aujourd’hui l’école secondaire Westmount High s’est longtemps entraîné pour le 20 mètres avec corde et le 50 mètres avec guide.

« Je ne savais pas du tout qu’on pouvait utiliser une corde pour courir », partage le jeune adepte de musique traditionnelle sud-est asiatique.

« Ma motivation quand je m’entraîne à la course ou quand je participe au Défi, c’est d’atteindre mon plein potentiel, courir aussi vite que je peux », ajoute-t-il.

 Devise

Cela fait maintenant huit ans que l’école PEL participe au plus grand rendez-vous sportif annuel montréalais des athlètes ayant une limitation fonctionnelle.

Elle y envoie habituellement de 6 à 10 athlètes, qui prennent part à des épreuves d’athlétisme et de natation.

En avril dernier, ils étaient près d’une dizaine à porter des chandails arborant l’expression « Move like the wind » (« bouge comme le vent » en français).

En marge du Défi sportif AlterGo, PEL décerne des prix intitulés « Je bouge comme » afin de récompenser les élèves qui exécutent des mouvements lors d’activités physiques à l’école.

« Se heurter la tête ou le visage en courant ou en marchant quand on a une déficience visuelle, c’est traumatisant. Alors pouvoir courir sans crainte, au milieu de plein d’autres enfants qui font pareil, cela correspond au concept d’accessibilité universelle », commente leur professeur d’éducation physique, Jonathan Varghese.

Comme leurs pairs

Selon la spécialiste en orientation et mobilité Ingrid Osswald, qui aide des élèves de PEL, les enfants ayant une déficience visuelle sont généralement moins actifs physiquement et ont de moins bonnes habiletés motrices.

« Les occasions de bouger et de faire du sport sont moins nombreuses ou moins évidentes, explique-t-elle. Ces enfants sont souvent surprotégés, on ne veut pas qu’il leur arrive quelque chose et on a moins d’attentes de performance à leur égard. Ils peuvent aussi se retrouver isolés socialement, exclus des activités pratiquées par leurs pairs. Leur estime d’eux-mêmes peut en souffrir. »

Pourtant, comme tous les enfants, ceux ayant une déficience visuelle veulent être actifs et développent leurs habiletés à l’aide d’activités de mouvement.

Il faut donc les initier à ces activités à un jeune âge, leur permettre de courir comme leurs pairs et d’être inclus en toute circonstance.

« Il faudrait leur offrir des occasions de faire du sport adapté, aplanir les obstacles (financiers, sociaux, géographiques ou autres) que peut rencontrer une famille et amener des mentors à partager leurs témoignages et motiver ces enfants », mentionne l’experte.

 

Sur la photo : Une jeune athlète de l’école Philip E. Layton court lors du Défi sportif AlterGo d’avril 2018 au Complexe sportif Claude-Robillard à Montréal, en arborant un chandail sur lequel on peut lire les mots «Move like the wind».