Pour la première fois, une sélection canadienne et une sélection américaine de hockey sonore se sont affrontées. Il s’agit d’une étape importante en vue de l’ajout de ce sport au programme des Jeux paralympiques.

Du 12 au 14 octobre dernier, des joueurs de plusieurs provinces ont remporté une série de 3 matchs contre des hockeyeurs américains à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Toutefois, ce n’est pas tant la victoire qui comptait, mais plutôt l’occasion de tester et démontrer le niveau de jeu de 2 sélections sportives nationales.

« C’est grandiose, car le hockey est notre sport national », remarque Bruno Haché, membre de la sélection canadienne et athlète paralympique de goalball.

Le hockey sonore se joue depuis les années 1970 à Montréal, Toronto et Vancouver, mais c’est en 2010 qu’on a normalisé ses règlements et en 2014 qu’on l’a introduit aux États-Unis.

Maintenant que les Américains comptent 8 équipes de niveau compétitif, les représentants de Hockey sonore Canada espèrent aider des observateurs de la Finlande et de la Grande-Bretagne à implanter le sport en Europe.

« L’étape suivante, c’est d’avoir une compétition à 3 ou 4 nations, disons en 2020. Puis, un championnat mondial à 6 pays, peut-être en 2022. Et finalement, des matchs aux Paralympiques de 2026, soit comme sport en bonne et due forme, soit comme sport de démonstration », explique François Beauregard, doyen de la sélection canadienne et membre du club Les Hiboux de Montréal.

Inspirer la relève

S’il est si important d’introduire le hockey sonore aux Jeux paralympiques, c’est que ceux-ci permettraient d’étendre la notoriété du sport et surtout, d’inciter les jeunes à y jouer et à y persévérer.

« Pour un jeune, voir un sport se pratiquer à haut niveau donne envie de progresser, dans l’espoir d’un jour rejoindre un club local et même défendre les couleurs de son pays », fait valoir M. Beauregard.

Bruno Haché en sait quelque chose. Il a représenté le Canada à 4 reprises aux Jeux paralympiques, au sein de l’équipe de goalball. Grâce à cette discipline, il a fait compétition sur la scène internationale après avoir perdu la vue à 18 ans.

« Quand j’ai perdu la vue, ç’a été un choc. Je ne faisais plus d’activités physiques. Je croyais que le sport, c’était fini pour moi », se souvient le quarantenaire.

« Mais j’ai fini par entendre parler du hockey sonore, je me suis remis en forme et en voyant mon esprit compétitif, on m’a parlé du goalball. Mon rêve a alors monté d’un cran », poursuit-il.

 Rendez-vous en 2019

Réunis au sein de l’International Blind Ice Hockey Federation, les Canadiens et les Américains comptent remettre ça l’an prochain, en mars, à Toronto.

Les trois matchs de la série 2018 sont disponibles avec commentaires sur YouTube. Pour voir ou entendre le 1er, on peut cliquer ici, pour le 2e, ici, et pour le 3e, ici.

Comment se joue le hockey sonore?

Dans le hockey sonore de niveau compétitif, les joueurs ont une déficience visuelle et doivent recevoir une classification faite par un professionnel de la vue.

Ils sont classés B1, B2 ou B3, B1 désignant un résidu visuel nul ou presque, B2, un résiduel visuel de moins de 5% et B3, un résidu visuel de moins de 10%.

La rondelle, faite d’acier avec des roulements à billes à l’intérieur, fait du bruit, en plus d’être plus grosse et moins rapide qu’une rondelle de caoutchouc.

Les buts sont légèrement plus bas que les buts du hockey ordinaire. Avant de tirer dedans, les joueurs doivent exécuter au moins une passe en zone offensive.

Les alignements dépendent d’un système de pointage ayant pour objectif de rendre la compétition juste et basée sur le talent, pas la capacité visuelle.

La classe B1 correspond à 1 point, la B2, à 2 points et la B3, à 3 points. Une équipe doit compter 13 points sur la glace en tout temps.