Retourner aux portraits d’athlètes 2009
Ça n’avait pas été à son goût aux Jeux d’Athènes où il avait été médaillé de bronze au 800 m. Ironie du sort, à Pékin, c’est la seule distance à laquelle il n’est pas monté sur le podium!
Pour ses quatrièmes Jeux paralympiques, Dean Bergeron s’est gâté. J’étais resté amer
de mes performances à Athènes. Je me donnais un autre quatre ans années pour boucler
la boucle. Je voulais recommencer un autre cycle pour finir mes 20 ans de carrière
en beauté
, raconte l’athlète en fauteuil roulant.
Champion paralympique sur 100 m et 200 m chez les T52, il a aussi ravi le bronze
au 400 m. Tout était en place pour réaliser ça
, explique le résidant de
Saint-Augustin-de-Desmaures. Gagner l’or au 100 m reste pour lui le plus beau moment,
d’autant plus qu’il le partageait avec son coéquipier et ami André Beaudoin, aussi sur le
podium, décoré de bronze. Nous participions aux mêmes compétitions et nous étions toujours
l’un contre l’autre. Finir ensemble, c’était magique
, indique Bergeron, qui a créé la
surprise, d’abord à lui-même, de l’emporter. Il n’était pas le favori et surtout, il était
cinquième à la mi-course. Le Québécois a effectué toute une remontée en fin de parcours
pour terminer au sommet. Cette course est tellement un message : dans la vie, il ne faut
pas lâcher!
indique-t-il.
À l’aube de la vingtaine, Dean Bergeron se destinait à une carrière professionnelle en
hockey. Joueur des Cataractes de Shawinigan dans la LHJMQ, il s’est brutalement retrouvé
en fauteuil roulant après avoir subi un dur coup par l’un de ses coéquipiers, en camp
d’entraînement. Il avait 17 ans. Je croyais alors que c’était terminé. J’étais frustré
contre le sport, il avait brisé tous mes rêves
, se souvient-il.
C’est à la suite d’une rencontre avec Pierre Pomerleau, son éventuel entraîneur qui le
suivra au cours des 20 années suivantes, que Dean verra qu’il pouvait encore se réaliser
sur le plan sportif. Il a fait en sorte de me reconnecter avec mon rêve d’athlète…
différemment.
En renouant avec le sport, il avait déjà des ambitions élevées. J’avais déjà la fibre
de la compétition. Je me suis tout de suite vu en train d’aller vite, d’aller aux Jeux
paralympiques et de gagner des courses. Je savais que c’était uniquement une question de
travail et de temps
, raconte celui a réécrit plusieurs records. Le Québécois est
aussi le premier athlète en fauteuil roulant de catégorie T52 à être passé sous la barre
de la minute au 400 m.
Avec passion, il ne manque pas une occasion de parler de son expérience, afin d’inspirer
les autres. Je veux leur transmettre le désir de réaliser pleinement leur vie. Autant
je croyais qu’il n’y avait plus rien de possible, autant je crois maintenant qu’il y a des
occasions uniques de faire des choses. Il ne reste plus qu’à trouver les moyens, qu’on soit
en fauteuil ou sur deux jambes.
L’athlète se déplace souvent pour donner des conférences
un peu partout.
Comme une majorité d’athlètes paralympiques québécois, Dean Bergeron a fait ses débuts au
Défi sportif et il n’en a pas raté un depuis 20 ans. Il y a des années où il neigeait
et où l’on coursait avec une tuque sur la tête. D’autres fois, c’était la pluie. J’y ai
aussi vécu des crevaisons
, relate-t-il.
Malgré les intempéries que réservait la fin du mois d’avril chaque année, le champion
paralympique se faisait un devoir de participer au Défi sportif. C’est fascinant de
voir tout ce qui entoure le Défi. Ça dégage aussi toute une adrénaline de rencontrer
tous les athlètes qui ont différents handicaps et pratiquent différents sports. Tu sens
qu’il se passe quelque chose et la proximité que nous avons avec les gens est vraiment
intéressante.
L’athlète accompli mettra bientôt un terme à sa carrière en athlétisme en fauteuil roulant.
Je suis rendu à passer à autre chose
, affirme Bergeron qui se retirera de la
compétition graduellement. Je ne veux pas couper le cordon d’un coup, ça se fera
progressivement
, ajoute-t-il.
Les plans futurs de l’actuaire au Mouvement Desjardins ? Trouver de nouvelles sensations.
Je veux participer à un triathlon et faire de la course de moto.
Il veut aussi être
plus présent à la maison et voir grandir les deux fils de sa copine. Et retourner dans les
arénas avec le plus vieux qui a commencé à jouer au hockey !