Retourner aux portraits d’athlètes 2009
Diane Roy est revenue des Jeux paralympiques de Pékin, ses quatrièmes, avec trois médailles
dans ses bagages, mais il y en a une qui n’a pas la bonne couleur. La coureuse en fauteuil
roulant a le sentiment d’avoir été flouée en Chine après que l’épreuve de 5000 m
qu’elle a remportée ait été annulée en raison d’un accident majeur qui a impliqué six des onze
participantes. Un appel déposé par trois pays aura forcé la reprise de la course. Je ne
voulais pas recommencer
, reconnaît Roy, laquelle a dû remettre sa médaille d’or au comité
organisateur la veille de l’épreuve de la deuxième chance.
Diane Roy s’est présentée au départ avec la ferme intention de regagner sa
médaille. J’y suis presque arrivée, dit-elle. J’étais là à 99,9 %
, raconte celle
qui a vu la victoire lui glisser des doigts par un centième de seconde.
L’athlète de 38 ans parle d’injustice, de tristesse et de frustration lorsqu’elle repense à
cet événement. Je pense que je n’accepterai jamais ce qui est arrivé, mais je vais vivre
avec. Je dois passer à autre chose. Ce qui est arrivé n’était pas de mon ressort
,
se convainc-t-elle.
En soutien à l’athlète de Hatley, en Estrie, sa famille a créé une pétition pour que lui soit remise sa médaille d’or. Pour en savoir plus, consultez le www.dianeroy.com.
L’aventure athlétique de Diane Roy a cependant beaucoup mieux commencé! À 21 ans, l’athlète
faisait ses débuts dans un fauteuil de course. Quatre ans plus tôt, un accident de véhicule
tout-terrain lui avait fait perdre l’usage de ses jambes. J’avais été téméraire. Mon
quatre-roues n’était pas fait pour monter la côte que j’essayais de grimper. Ça aurait pu être pire.
Bien que sportive avant l’accident – elle avait joué au handball, au ballon-balai, au softball en plus de faire du vélo, du ski et du badminton – Diane Roy n’a pas tout de suite envisagé de faire de l’activité physique.
Alors qu’elle déambule dans les rues de Sherbrooke, elle rencontre Jacques Martin. Elle ne connaît pas l’athlète spécialiste dans les épreuves de lancer, mais ce dernier la convainc de venir à la piste. Elle y rencontrera les André Viger, Marc Quessy et Carl Marquis et plus particulièrement Jean Laroche. Ce dernier sera son premier et son seul entraîneur. Laroche est à la tête de l’équipe canadienne d’athlétisme en fauteuil roulant.
Deux ans après ses premiers coups de roue, l’athlète native du Lac-des-Aigles, dans le Bas-Saint-Laurent, se taille un poste au sein de l’équipe nationale et elle en fait encore partie en 2009.
J’ai commencé en juillet 1992, soit un mois avant les Jeux paralympiques de Barcelone.
En regardant les André Viger et compagnie à l’entraînement, j’ai dit à mon entraîneur que dans
quatre ans, moi aussi j’irais aux Jeux. Et c’est ce qui est arrivé.
En 1993, elle
participait à ses premiers Jeux du Canada, suivi de son premier Défi sportif. Et maintenant,
depuis quelques années seulement, Diane Roy est une athlète à temps plein. J’aime ça
,
laisse-t-elle tomber, un sourire dans la voix.
Rouler sur le circuit Gilles-Villeneuve, ça fait des années que j’attends cela
, se
réjouit Diane Roy. Cette année, l’épreuve de 10 km,
habituellement présentée dans les rues entourant le Complexe sportif Claude-Robillard, a été
déplacée sur l’île Notre-Dame au grand plaisir de la coureuse. Maintenant, il faut être
capable d’attirer des coureurs de l’extérieur, mais le parcours Gilles-Villeneuve est tellement
beau, ça va être le fun!
résume celle qui reviendra tout juste du marathon de Londres pour
rouler à Montréal.