Retourner aux portraits d’athlètes 2009
S’il est une chose que Jean Quevillon s’est répétée au cours des 20 dernières années, c’est
bien : Essaye !
Essaye de parler, de marcher, de rouler à bicyclette. Rire ?
Ça non, Jean Quevillon n’a pas besoin d’essayer, la taquinerie et le sourire, c’est inné chez lui !
Au début de la vingtaine, Jean Quevillon a été renversé par une voiture. Le jeune comptable
d’alors s’est réveillé après deux mois de coma. Paralysé d’un côté, Jean ne savait plus rien
faire. Il lui faudra 10 ans pour réapprendre à marcher et à parler. Depuis l’accident, quand
quelqu’un me dit que je ne peux pas faire quelque chose, j’essaye et j’essaye
, martèle
celui qui a participé à ses troisièmes Jeux paralympiques à Pékin, à l’été 2008.
Cycliste sur route et sur piste, Jean Quevillon a gagné la première médaille de l’équipe
canadienne lorsqu’il a décroché le bronze à la poursuite de 3000 mètres. Je n’avais pas
d’attentes grosses de même, mais c’était un bon travail ! Job well done !
dit-il à propos de sa performance à Pékin.
Le vélo occupe une grande partie de la vie du résidant de Sainte-Adèle et le Défi sportif a
été l’occasion pour lui de s’affirmer. Au Défi, on est reconnu comme des athlètes, pas
juste comme des personnes qui ont un handicap. On est vivant ! On démontre qu’on est
capable d’aller au-delà de nos limites.
Et Johnny Boy, comme on le surnomme, ne s’impose aucune limite. L’hiver,
il skie, il patine, il fait de la raquette et l’été, il aime la randonnée pédestre dans le
parc du Mont-Tremblant, faire du patin à roues alignées ou du jogging en forêt. Je suis un
gars de bois, reconnaît-il. J’ai fait ma réadaptation à Montréal, mais j’ai besoin de la
tranquillité de la nature.
Cela ne l’empêche pas de retourner dans la métropole au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau
où une bébelle l’attend comme il dit. Incapable de lire ou d’écrire depuis l’accident,
Jean travaille avec une machine qui, grâce à la reconnaissance vocale, écrit ce qu’il dit.
Pour cet athlète qui voyage, pouvoir rester en contact avec ses parents et amis est un rêve
qu’il chérit. Et si ça fonctionne bien, je pourrais même écrire un livre sur moi
,
dit-il enthousiaste.
Et son message serait assez direct : essaye avant de chialer. Parce que c’est ça
vivre, dit-il. Tu veux vivre ou bouder ?
questionne-t-il. Nous n’avons qu’une vie
et il y a beaucoup de choses à essayer.
Et c’est bien ce que compte faire Jean Quevillon.