Retourner aux portraits d’athlètes 2009
Mark Breton ne s’en cache pas : avant son accident de voiture,
il n’aimait pas trop sa vie. Je me dis que ce n’est pas pour rien que j’ai perdu mon bras.
S’il avait été seulement cassé, j’aurais fini par redevenir celui que j’étais avant l’accident.
En 1996, après une dure fin de semaine de travail et une soirée à faire de la musique,
Mark s’endort au volant et fracasse un garde-fou en métal. Le résidant de Charlesbourg
se réveillera un mois et demi plus tard, amputé du bras droit. Ça faisait longtemps
que je disais que je voulais un changement dans ma vie
, laisse-t-il tomber mi-figue,
mi-raisin.
Il souhaitait ce changement, parce qu’en cours de route, Mark avait laissé tomber celui qu’il
était, celui qu’il voulait être. À 13 ans, je rêvais d’aller aux Jeux olympiques en cyclisme.
Chez les juniors, il avait pris le 26e rang au Tour de l’Abitibi, une course cycliste réputée
auprès des pelotons internationaux.
Son accident le ramènera sur ses deux roues! Avant mon accident, je ne faisais plus de vélo,
plus de sport. Je ne faisais plus rien pour me surpasser.
C’est au Défi sportif que Mark Breton renoue avec la compétition. Je m’en souviens comme si
c’était hier. C’était ma première course de paracyclisme. J’étais content de voir que cet
événement avait une certaine envergure.
Un an plus tard, Breton se qualifiait pour les
Jeux paralympiques d’Athènes et il était aussi du grand rendez-vous à Pékin un cycle plus tard.
Conférencier, Mark Breton aime rencontrer les ados, car il croit que c’est auprès d’eux
qu’il a le plus grand impact. Vous savez, à ces âges-là, ils commencent parfois à toucher à
l’alcool, à la drogue. Ils conduisent et vite. Ils jouent avec la vie des gens, pas seulement
avec la leur. Je leur répète qu’ils détiennent les clés. Ce sont eux qui décident ce qu’ils
vont devenir. Il ne faut pas qu’ils se laissent atteindre par les éléments extérieurs. Pour
moi, mon accident a été une grosse barrière, mais je me suis quand même rendu aux
Jeux paralympiques
, défend-il.
Si au début, ses conférences portaient sur le thème accepter la différence, maintenant,
le message est plus direct : change avant que la vie te change
. Les gens n’ont pas tous
à passer à travers les épreuves du cycliste de 36 ans pour faire des changements positifs dans
leur vie. Nous avons la capacité de rectifier le tir croit fermement Breton.
J’aimerais aller à l’École de l’humour un jour, dit-il. Je me promène toujours avec un petit
magnétophone ou un calepin et je note ou enregistre de petits moments drôles. Dans mes
conférences, je prends soin d’être très humoristique, je pense que mon message passe mieux.
Maintenant, je prends la vie avec humour
, assure Mark Breton qui prend soin de garder ses
rêves bien vivants.