Retourner aux portraits d’athlètes 2010
Bing bang boum, rentre dedans! Ô que ça va cogner au Défi sportif cette année! Le tournoi de rugby passe d’un tournoi à 3,5 points à un de 8 points. Le calibre sera donc le même que lors des Championnats du monde ou des Jeux paralympiques. C’est plus spectaculaire
, admet d’emblée Daniel Paradis, un vieux de la vieille au sein de l’équipe du Québec. Ça frappe plus, c’est de plus haut niveau. Ce sera plus le fun pour les spectateurs.
Et surtout, ce sera mieux pour la relève. Comme on a peu de tournois au Québec, c’est plus intéressant de voir vraiment du haut niveau de jeu pour faire découvrir notre sport
, croit Daniel Paradis qui est accroc au rugby depuis maintenant 25 ans.
Année après année, l’athlète de Québec retourne au gymnase avec entrain. Chaque année, je m’améliore. En ce moment, au sein de l’équipe nationale, je dirais que la moyenne d’âge est élevée, mais l’expérience demeure un atout important, peut-être plus que la forme physique. Les jeunes ont la fougue et l’énergie, mais ils doivent apprendre le côté tactique du jeu et l’endurance. Tout ça, ça ne se fait pas dans un court laps de temps.
N’empêche, Paradis est prêt à prendre sous son aile de jeunes athlètes. Je pense que les jeunes et les vieux doivent travailler ensemble si on veut bâtir la relève, si on veut que le Canada et le Québec continuent à performer.
Et un des jeunes qui retient l’attention de Daniel Paradis, c’est Pascal Dubé, un athlète de Beauport. Je n’ai pas à lui inculquer la passion du sport, c’est un mordu. Il en mange!
Mais s’il est un message que Daniel Paradis tente de faire passer, c’est celui des bienfaits du sports pour les athlètes en fauteuil roulant. Le sport permet de ne pas penser aux mauvaises choses. J’essaie de leur montrer que le sport permet de grandir dans leur handicap. Faire du sport, c’est avoir plus de possibilités.
S’il accepte le titre de mentor, Daniel Paradis préfère encore faire parler ses actes. Tant que je serai performant sur un terrain, les jeunes me respecteront. Quand ils me dépasseront…
Le propriétaire de Médico Concept, un magasin de fournitures médicales et orthopédiques, est aussi un fervent partisan du Défi sportif. Pour moi, le Défi sportif, c’est 25 étapes importantes dans ma vie. Je dis souvent aux plus jeunes de ne pas rater l’événement. Pour ceux qui en sont à leurs débuts, c’est une occasion unique de montrer à leur parents et amis ce dont ils sont capables.
Le père de deux adolescentes pense à la retraite chaque fois qu’il rentre d’un grand événement, il y a pensé après les Jeux paralympiques d’Athènes en 2004 et après Pékin en 2008 et pourtant, le bloqueur répond encore présent! C’est une passion. Quand je rentre dans un gymnase, c’est vraiment parce que j’aime ça.
Et ce fut l’amour au premier contact. Je suis devenu quadriplégique après une chute en ski alpin. Je me suis fracturé la cinquième et la sixième vertèbres cervicales. Tout de suite après l’accident, je suis retourné faire du ski. Mais quand j’ai découvert le rugby, j’ai tout laissé tomber pour ce sport.
Et un quart de siècle plus tard, Daniel Paradis est toujours amoureux.