Retourner aux portraits d’athlètes 2010
Pour une première fois en 27 ans d’existence, le Défi sportif accueillera cette année un Championnat du monde. Les meilleures équipes au monde en hockey pour athlètes amputés se donneront rendez-vous à Montréal espérant y gagner une couronne mondiale et ainsi détrôner le Canada, champion des quatre dernières éditions.
Maîtres chez eux, il en faudra beaucoup pour déclasser les hockeyeurs canadiens selon
le vétéran Sylvain Coste qui aspire aller chercher un cinquième titre
d’affilée. Le Canada n’a jamais perdu un match international depuis que
le sport existe. Nous sommes vraiment choyés d’avoir une très bonne équipe alors nous
nous attendons à rien de moins qu’une victoire.
De calibre Midget AAA, le hockey pour athlètes amputés n’est pas encore au
programme des Jeux paralympiques, ce qui fait en sorte que le Championnat du monde, qui
se tient aux deux ans, est le niveau le plus élevé où les équipes peuvent aller.
C’est un peu le summum pour moi de vivre ça à Montréal
, raconte le
hockeyeur, qui a prolongé sa carrière de quelques saisons afin de pouvoir jouer des
matchs aussi importants devant les siens. Ça va nous donner des ailes.
À 41 ans, je suis dans la meilleure forme de ma vie. Je me suis entraîné très fort
dans les six derniers mois
, explique celui qui joue trois à quatre fois par semaine
dans des ligues de garage. Il attend avec impatience le début du Championnat du monde.
Je suis excité comme un enfant. J’entraîne mon gars au hockey et je pense que je
suis plus enthousiaste que certains joueurs de son équipe lorsqu’ils vont en tournoi
,
ajoute-t-il en riant.
S’ils ont l’habitude de dominer sur la scène internationale, un mélange de
confiance et de crainte habite les joueurs du Canada à l’aube de ce cinquième
championnat mondial. Nous n’avons pas joué contre les autres équipes depuis
deux ans alors nous pourrions avoir des surprises. Nous savons que la Finlande
s’est beaucoup améliorée et que les Américains devraient nous donner une bonne
opposition.
Toutefois, des 24 joueurs qui forment l’équipe nationale, la grande majorité
d’entre eux étaient à Boston, en 2008, lors du dernier Championnat du monde. Selon
le Québécois, la profondeur et l’expérience de l’équipe, jumelés à une
solidarité sans faille, seront leurs meilleures cartes sur la glace. Nous avons tous
notre petite histoire derrière nous. Ce n’est pas comme les joueurs de hockey
normaux qui n’ont pas de handicap ou d’amputation. Nous, comme nous avons
chacun notre histoire, alors nous nous lions facilement les uns aux autres. Nous avons
eu chacun nos malheurs, mais nous sommes capables de nous en parler ouvertement alors la
communication est facile et ça renforcit l’esprit d’équipe.
Je me considère comme un amputé, pas un handicapé.
Amputé au milieu de
l’avant-bras après un accident de travail à la boucherie de son père lorsqu’il
avait 18 ans, Sylvain Coste a appris à vivre avec les bons et les mauvais côtés de cet
épisode marquant de sa vie. C’est un accident bête, oui, j’ai perdu un
bout de bras et ça m’a pris quelques années avant de complètement l’accepter.
Les gens me demandent si je pouvais revenir au 3 août 1987, est-ce que je changerais ma
vie. Je leur réponds pantoute. Ça m’a permis de vivre des choses extraordinaires.
Ça fait partie de moi et de mon charme. Les gens ne se souviennent peut-être
pas de mon nom, mais remarquent mon handicap. Je m’en suis toujours servi à
mon avantage
, poursuit-il. C’est flagrant dans le sens que ça paraît, mais ça
ne me limite dans rien. J’ai eu une moto quand j’étais plus jeune, je me
débrouille bien au golf. Je joue également au hockey avec des joueurs non amputés.
Mais pour l’instant, il ne s’agit plus de golf ou de moto. C’est le hockey qui compte et une médaille d’or gagnée devant une foule partisane.
Rédaction : Sportcom pour le Défi sportif