Retourner aux portraits d’athlètes 2010
La multiple médaillée des Jeux paralympiques de Pékin Valérie Grand’Maison a, jusqu’à maintenant, participé quatre fois au Défi sportif. À trois occasions elle s’est lancée du bloc de départ pour nager de toutes ses forces. Cependant, la première fois que la paranageuse de catégorie S13 (handicap visuel) s’est impliquée au Défi sportif, c’est à titre de bénévole.
J’avais alors toute ma vision, j’étais en secondaire IV, se rappelle-t-elle. Je suis revenue à la maison, ce soir-là, et j’ai dit à mon père combien j’étais impressionnée par les athlètes qui y participaient. Ils faisaient des choses que je n’étais pas capable de faire et étaient très compétitifs. Un an plus tard, j’y étais à titre d’athlète.
Valérie faisait de la natation déjà avant de perdre la vue en juin 2004, alors qu’elle était âgée de 15 ans. Elle s’est alors retirée de son club. J’ai arrêté pendant environ 8 mois. J’allais barboter à la piscine de mon école secondaire, et des fois je retournais voir mon ancien entraîneur, Pierre Lamy.
C’est ce dernier qui entreprendra les démarches pour la classifier chez les paralympiques. La Montréalaise reviendra petit à petit à la natation de compétition, commençant à s’entraîner une, deux fois par semaine, puis sept, et maintenant, 13 à 14! C’est lui qui m’a motivée à revenir et à me battre pour mes propres raisons. Me permettre de me battre contre mon propre handicap et gagner contre ma maladie.
Depuis un an maintenant, l’athlète de 21 ans porte les couleurs des Martlets de l’Université McGill et s’entraîne sous la gouverne d’un nouvel entraîneur, Peter Carpenter. Je travaille différemment et je suis au sein d’une belle équipe. C’est motivant!
raconte celle qui concentre ses études autour de deux Majeurs, en psychologie et en histoire, avec l’objectif d’entrer à la Maîtrise en journalisme.
Cependant, ce fut toute une surprise pour la Québécoise que de réaliser que ses coéquipiers nageurs ne savaient pas du tout qui elle était. Ça m’a quand même marquée. Et qu’ils ne me connaissent pas c’est une chose, mais qu’ils ne savent pas du tout ce que ce sont des Paralympiques, c’en est une autre. On doit faire un pas en avant et continuer de sensibiliser les gens au mouvement
, indique Valérie, qui sera des Championnats du monde en grand bassin l’été prochain.
Selon elle, il faut même redoubler d’ardeur, car nous sommes en train de perdre le chemin accompli. Il y a plus de vétérans qui partent que de recrues qui arrivent. C’est pour ça que c’est important d’encourager la participation et de continuer la formation de nouveaux paranageurs.
Pour expliquer le phénomène, la Québécoise prend comme exemple les Jeux du Commonwealth. En 2002 et 2006 toutes les classes étaient incluses, et pour 2010, il y seulement 2 ou 3 classes sur 13 qui seront présentées. Moi, ça me touche personnellement, car je ne peux plus y aller, alors que ç’a été l’une des plus belles expériences de ma vie.
Grand’Maison prend son rôle de vétéran à cœur. Elle donne beaucoup aux jeunes recrues et partage son expérience afin qu’ils soient le mieux préparés possible à affronter les grandes compétitions. Elle en est même très consciente, car elle a pu compter sur l’aide de Benoit Huot pour l’aider dans son cheminement. Si je n’avais pas eu Benoit qui me guidait, je n’aurais pas aussi fait bien dans ma carrière, assure-t-elle. C’est important d’avoir des mentors, des gens qui peuvent nous expliquer comment ça marche, car tu ne sais pas à quoi t’attendre. Il n’y a pas de pratique ou d’exemple pour te préparer à ce que tu vas vivre, alors c’est le fun d’avoir quelqu’un qui te dit quoi faire, comment te sentir et ce qui est normal.
Si la formation de recrues est très importante, il ne faut pas omettre la poursuite de l’éducation de la population. Et le Défi sportif, c’est la meilleure école
, conclut-elle.