En 2002, la vie de Louis-Philip Boucher a complètement changé quand il a décidé de plonger d’un quai à Valleyfield dans un cours d’eau peu profond. Sa tête a heurté une pierre et il s’est fracturé la sixième cervicale.
Après quelques instants passés sous l’eau, ses amis sont allés le secourir, mais le mal était fait, l’eau avait envahi ses poumons. Il a été transporté à l’hôpital de l’endroit et il a été plongé dans un coma. Un coma qui aura duré trois mois. À son réveil, il était tétraplégique.
Les gens pensaient que je m’étais fait ça en moto parce que j’étais assez téméraire quand j’en faisais. Mais non, c’était un plongeon des plus banal, je pensais qu’il y avait assez d’eau, d’ailleurs ç’a été long avant qu’on vienne me secourir parce que tous pensaient que c’était sécuritaire comme endroit.
Pour Louis-Philip Boucher, il y a de la prévention à faire au sujet des plongeons tant dans les piscines que dans les cours d’eau. Quand je donne des conférences, je mets l’accent là-dessus, mais il faut qu’il y ait plus de prévention. On peut sauter à certains endroits, mais pas tête première. Les plongeons devraient se faire seulement à des endroits désignés. Une campagne de sensibilisation est entamée par l’Association des paraplégiques, mais il faut l’accentuer.
Avant cet incident, l’escrimeur de Saint-Jérôme oeuvrait dans le monde de la construction et pratiquait plusieurs sports, du ski acrobatique à la moto. Donc en plus de sa réadaptation qui a duré presque trois ans, il a dû se trouver un autre champ de compétence.
Aujourd’hui, il travaille comme intervenant auprès des jeunes aux prises avec une déficience intellectuelle à l’école secondaire Cap-Jeunesse de Saint-Jérôme.
C’est comme intervenant qu’il a fait ses débuts au Défi sportif. Pour les jeunes, c’est vraiment gros le Défi sportif. C’est l’événement qu’ils attendent. Au début, c’est moi qui organisais le tout, mais maintenant que j’ai découvert l’escrime, c’est une autre personne qui s’en occupe et je viens seulement comme intervenant.
Depuis quatre ans, le Défi sportif représente la chance pour le Jérômien de tirer à une compétition d’envergure devant les siens. De plus, le vendredi, les jeunes de son école prennent quelques instants pour aller l’encourager.
C’est le fun/agréable de savoir que les jeunes que je côtoie dans le cadre de mon travail ont la chance de venir me voir en compétition. Le Défi sportif, pour moi c’est en deux temps. La semaine, c’est pour le plaisir de voir mes jeunes tout donner, et la fin de semaine, je dois me concentrer et être prêt pour la guerre.
Mais pourquoi l’escrime? J’ai essayé plusieurs sports, mais c’est l’escrime qui m’a accroché quand Pierre Mainville m’a fait connaître cette discipline. J’aime le combat et cela demande beaucoup d’adaptation tant à l’adversaire qu’à l’arme.
Louis-Philip est dans la catégorie C et pour le moment, il y a peu d’escrimeurs de sa catégorie en Amérique, si bien qu’il doit combattre dans la classe B au Défi sportif.
Pour moi, c’est un passe-temps, je ne m’entraîne pas à temps plein, mais si ma catégorie vient à être présente aux jeux paralympiques, je songerais à m’entraîner plus intensément.