Enchaînant les succès au cours de l’année 2010, Pierre Mainville ne pouvait demander mieux. Sa fierté : avoir partagé sa troisième place à l’épée aux Championnats du monde avec les membres de sa famille. Grâce à sa médaille, il est devenu le premier Canadien médaillé aux Mondiaux d’escrime en fauteuil roulant.
C’est un exploit en soi, mais le Canada n’a pas une grande histoire en fauteuil roulant, donc je suis content d’être le premier, mais d’autant plus content de savoir que je ne serai pas le dernier. En fait, je l’espère! avoue-t-il en riant. Par contre, ce qui est très important c’est que j’ai pu vivre tous les grands moments de ma carrière en compagnie de ma femme et de ma petite fille.
Après 9 ans de carrière, Mainville est certainement devenu un maître dans son sport. Bien qu’il est seul dans son fauteuil roulant en compétition, l’athlète de Saint-Colomban ne cache aucunement l’importance du travail d’équipe lors de sa préparation. Jamais je ne pourrais être au niveau que je suis sans mes maîtres d’armes. Ils sont certainement la raison de mes succès. Ils m’enseignent pour aller me battre, aller à la guerre et sans leurs conseils, je ne pourrais pas être le même athlète. Je passe tellement de temps en entraînement qu’ils sont pratiquement des membres de la famille.
Sa persévérance, son intensité et son côté perfectionniste a mené Mainville à atteindre le sommet. Je mets tous les efforts nécessaires afin de ne pas avoir de regrets plus tard. En tant qu’athlète, j’ai toujours eu comme devise d’apprendre dans la défaite. J’ai toujours dit qu’un perdant, c’est quelqu’un qui donne des défaites et qu’un gagnant, c’est quelqu’un qui apprend dans la défaite.
Après avoir été victime d’un tireur fou, Mainville est devenu paraplégique en 2001. Depuis cette terrible tragédie, l’athlète âgé 38 ans savoure la vie. Je croyais réellement que j’allais y passer, mais après l’incident je me suis tourné vers mon sport. Grâce à celui-ci, je réussis à regarder de l’avant. Maintenant, je suis père d’une petite fille et ma femme attend maintenant un petit garçon.
Afin d’inciter les gens qui deviennent paraplégiques à faire du sport, Pierre fait la tournée des centres de réadaptation et anime des conférences dans les écoles ou dans différentes compagnies. Je veux partager ma joie de vivre avec les autres et l’amour pour mon sport. Évidemment, lorsque je fais des démonstrations dans les centres, je suscite beaucoup d’intérêt. Malgré tout, la raison de mon geste est sans aucun doute de transmettre l’importance du sport dans une vie.
Malgré l’arrivée de son petit gars au mois d’avril, l’escrimeur en fauteuil roulant s’entraîne toujours aussi intensément afin d’être sélectionné pour les Jeux paralympiques de Londres, en 2012.
Lorsqu’il va naître, je vais prendre quelques journées de congé, mais dès que la routine sera rétablie, je vais mettre l’accent sur mon entraînement afin d’être prêt pour les Jeux. J’aimerais améliorer mon classement tout en peaufinant ma technique
, a déclaré celui qui a terminé au 9e rang à l’épée et 17e au sabre aux Jeux de Pékin, en 2008.