Une grande joie émane de la voix de Simon Tremblay lorsqu’il parle du sport qu’il pratique depuis cinq ans, le goalball. En fait, l’athlète consacre la majorité de son temps et de son énergie à sa passion et rêve d’atteindre, en compagnie de ses coéquipiers, les plus hauts sommets.
Faisant partie de l’équipe canadienne depuis deux ans, Simon ne rêve qu’à une chose, une médaille paralympique. Nous avons beaucoup de potentiel au sein de notre équipe. Évidemment, il nous faudra travailler très fort afin d’arriver à notre but ultime. Les autres équipes ont beaucoup de puissance dans leurs lancers, donc il nous faudra trouver la meilleure façon pour les rejoindre
, a soutenu celui qui pratiquait la chaloupe à rames avant son accident tragique.
Bien que le défi s’annonce de taille, les représentants de l’unifolié devront se tailler une place aux Jeux paralympiques. La dernière médaille des Canadiens à cet événement remonte aux Jeux de 1996 à Atlanta, alors qu’ils étaient revenus avec l’argent au cou. Mario Caron, le vétéran de l’équipe était de la formation. En vertu de toutes les expériences vécues, ce dernier est devenu en quelque sorte un mentor pour Simon.
Il comprend le jeu comme personne et il m’a toujours aidé dans ma progression. J’ai plusieurs mentors dans la vie, mais Mario Caron m’a aidé à adorer ce sport !
À 20 ans, Simon a vécu un terrible accident de la route. J’ai heurté le derrière d’un camion qui transportait des billots de bois. Malheureusement, un des billots dépassait de la remorque et a fracassé mon pare-brise. Ce dernier m’a défoncé le crâne.
En plus d’être non-voyant, il a perdu l’odorat et son côté gauche était déficient. J’ai dû passer un mois au lit et quatre mois à porter un corset. Après plusieurs sortes de traitements, j’ai dû réapprendre à vivre
, soutient-il.
Malgré les situations difficiles, l’athlète de 29 ans a toujours gardé le moral. J’ai toujours foncé dans la vie. Bien que j’ai dû faire un certain deuil puisque j’avais perdu deux de mes cinq sens, je n’ai jamais voulu m’apitoyer sur mon sort. Je n’ai pas l’impression d’être aveugle puisque j’ai développé d’autres moyens et je suis capable d’évoluer normalement
, a avoué celui qui pratiquait la massothérapie comme métier.
Après avoir réappris à refaire les tâches quotidiennes, il s’est attaqué au braille. En plus de l’aider à lire, son professeur lui a fait connaître le goalball. Ce qui m’a principalement marqué, c’est que tout le monde est égal puisque chaque personne doit se bander les yeux. J’ai retrouvé mes repères et tous mes sens.
Ayant plusieurs vertus, le sport a certainement aidé ce passionné à passer au travers des épreuves difficiles. Le sport m’a aidé mentalement, mais aussi physiquement. En fait, ça m’a permis de retrouver une posture normale, mais également de me dépasser
, a commenté le résident de Québec, qui visiblement a utilisé le sport non seulement comme exutoire, mais comme un deuxième souffle à sa nouvelle vie.