Plusieurs organismes œuvrent à favoriser l’inclusion des personnes ayant une limitation fonctionnelle par le biais de la danse intégrée.

« De plus en plus, dans la littérature, des études prouvent que la danse est une activité complète qui offre […] des bienfaits sur les plans physique, cognitif, social, etc., en plus de laisser un sourire sur le visage des participants et de leur permettre de s’exprimer à travers ses mouvements », fait valoir Marie-Joanie Raymond, directrice fondatrice d’Au nom de la danse-Québec (AND-Qc).

La danse intégrée, un mouvement international, est un style de danse contemporaine réunissant des danseurs avec et sans limitation fonctionnelle.

« Ce qu’elle a d’extraordinaire, c’est qu’elle s’exerce à partir du profil de chaque participant, l’idée étant d’adapter les propositions afin d’inclure le plus grand nombre de personnes dans les ateliers et les projets spéciaux avec la communauté », explique la pionnière québécoise France Geoffroy, cofondatrice, ainsi que directrice artistique et générale de Corpuscule Danse.

BIEN IMPLANTÉE

La danse intégrée se pratique depuis longtemps. Au Québec, France Geoffroy a fait ses débuts comme danseuse tétraplégique en 1994, avant de devenir enseignante en 2002. « Lorsque j’ai commencé, rien n’existait en danse intégrée », se souvient celle qui a pavé la voie afin que danser soit une possibilité pour tous, peu importe l’âge, la morphologie ou l’état physique.

Depuis ses débuts, Mme Geoffroy centre sa démarche artistique sur l’esthétique et les possibilités de mouvance du corps atypique. Pour ce faire, elle utilise, sans s’y arrêter, les contraintes physiques comme donnée de départ. « La danse proposée chez Corpuscule se veut sans compétition ni jugement. On prend les gens comme ils sont, avec leurs capacités et on les fait rayonner par la poésie et la beauté qui émanent naturellement de leur physicalité », mentionne-t-elle.

En novembre dernier, AND-Qc a remporté une distinction pour faire connaître son œuvre. Il s’agissait du prix Création Mon rêve, offert par AlterGo, en collaboration avec la Ville de Montréal et la Troupe des artistes handicapés de Chine. Le même mois, la directrice fondatrice d’AND-Qc et un danseur en fauteuil roulant ont décroché la 3e place de leur catégorie au concours organisé par l’OBNL Québec en scène. Ils y avaient présenté, pour la 1re fois devant public, un numéro qu’ils avaient mis deux ans à monter.

« L’aspect humain de la danse me motive à aller plus loin, car je reçois une dose d’amour et de reconnaissance énorme à chaque cours. Dans le contexte sociétal actuel, il peut être rare que quelqu’un s’intéresse et offre un cours de danse de loisir adapté aux personnes handicapées. C’est gratifiant d’être cette personne qui prend le temps de s’intéresser à elles », commente Mme Raymond.

Mme Geoffroy aussi a reçu une distinction en novembre dernier : le prix Envol, du Conseil des arts de Montréal, en reconnaissance de sa contribution à l’essor de sa discipline inclusive comme pédagogue et comme artiste professionnelle. Cette distinction s’ajoute à plusieurs autres, dont la médaille du Gouverneur général, division civile, reçue en mai 2017. « Je suis touchée d’une telle reconnaissance venant de la part des milieux de la danse contemporaine professionnelle et des personnes handicapées et, plus largement, de mon pays », exprime-t-elle.

FAIRE BOUGER LES CHOSES ET LES GENS

Le partenaire de danse de Joanie Raymond au Concours Québec en scène, Michel Goulet, est membre de l’Association d’entraide des personnes handicapées physiques de Montréal (ALPHA-Montréal). Cet organisme tente, entre autres, de briser l’isolement des personnes ayant une limitation fonctionnelle grâce à des activités de loisirs.

 

C’est d’ailleurs en participant à l’une de ces activités que M. Goulet et sa future partenaire de danse se sont rencontrés, en 2014. « Ce que j’aime dans la danse, c’est le fait de bouger. C’est accessible à tous et c’est un beau moyen d’expression qui me permet de rester actif, moi qui ai déjà été très sportif il y a quelques années, avant de devoir éviter les chocs liés aux sports d’équipe », confie M. Goulet.

À RETENIR

Au nom de la danse-Québec offre divers services, dont des cours de danse adaptée, des ateliers de sensibilisation et des formations pour les danseurs ou intervenants qui souhaitent utiliser la danse avec une clientèle en situation de handicap. L’organisme planifie par ailleurs un spectacle-bénéfice en octobre 2019. Pour en apprendre plus, visitez la page Facebook de l’organisme.

Corpuscule Danse, qui compte un volet professionnel ainsi qu’un autre amateur, propose des cours aux gens de 5 à 75 ans et monte des spectacles. La compagnie présentera d’ailleurs le projet Quadriptyque (www.quadriptyque.com) à l’Agora de la danse de Montréal du 8 au 11 mai 2019 et à la Maison de la culture Mont-Royal les 16 et 23 mai. Pour en apprendre plus ou pour faire un don, visitez le site web de l’organisme.

ALPHA Montréal recourt à des activités de loisirs pour briser l’isolement des personnes ayant une limitation fonctionnelle. Elle fait aussi valoir leurs droits, les réfère vers des services et valorise leurs participations sociale et professionnelle. Pour en apprendre plus ou pour faire un don, visitez le site web ou la page Facebook de l’organisme.

Sur la 1re photo : Volet professionnel de Corpuscule Danse : Mélanie Labelle, Joannie Douville, Ariane Boulet, Georges-Nicolas Tremblay, Maxime D-Pomerleau, Marie-Hélène Bellavance, Olivier Rousseau, France Geoffroy. (Photo : Michaël Theimer)

Sur la 2e photo : Une danseuse est debout et tient la main d’une danseuse assise dans un fauteuil roulant, un bras en l’air. (Photo : Marie-Ève Heer, Au Nom de la Danse [France])

Sur la 3e photo : Marie-Joanie Raymond et Michel Goulet exécutent un numéro de danse intégrée. (Photo : Vicky Métayer)

Sur la 4e photo : Des membres de l’Association d’entraide des personnes handicapées physiques de Montréal participent à un cours d’Au nom de la danse Québec en juin 2018 à Montréal. (Photo : Michaël Theimer)