Le Comité paralympique canadien et CBC/Radio-Canada ont récemment annoncé le lancement de la Super Série paralympique, un forfait de compétitions de sports paralympiques disponible en webdiffusion via des applications. Cette offre représente plus de 50 heures de sports paralympiques, soit la plus grande couverture canadienne offerte en dehors des Jeux paralympiques.

C’est une nouvelle réjouissante pour les sports adaptés. J’ai eu la chance d’assister à tous les Jeux paralympiques d’été depuis 1996 à Atlanta et j’ai remarqué une constante augmentation de la couverture médiatique au fil des années. Plus près de chez nous, nous avons pu voir l’évolution de la couverture médiatique du Défi sportif AlterGo depuis sa création en 1984. Le lancement de cette Super Série paralympique s’inscrit dans cette continuité.

Toutefois, il est possible de faire beaucoup mieux, car les sports adaptés occupent encore une bien petite place dans l’univers médiatique. Ils sont très peu présents sur nos écrans en dehors des Jeux paralympiques. De plus, la couverture médiatique des Jeux paralympiques est loin derrière celle des Jeux olympiques. Pourtant, il y a d’excellents paralympiens à travers le monde, qui participent régulièrement à des compétitions de haut niveau, mais ce n’est pas toujours leurs exploits que les médias mettent de l’avant. Dr David Howe, professeur adjoint à l’École de kinésiologie de l’Université Western en Ontario et ancien athlète qui a représenté le Canada à 4 Jeux  paralympiques en para-athlétisme, a d’ailleurs noté dans ses études sur le sujet que les médias ont tendance à mettre l’accent sur les histoires tragiques des athlètes paralympiques plutôt que sur leurs performances sportives.

«Il y a 2 grandes histoires, 2 façons très répandues de parler des athlètes handicapés dans les médias. La 1re histoire, c’est celle de l’athlète qui a vécu un accident, un traumatisme, une maladie et qui a surmonté ça pour devenir le meilleur dans son sport. La 2e, c’est l’histoire de la personne handicapée pour qui faire du sport est un accomplissement en soi. Les médias doivent danser, viser l’équilibre délicat entre la trame de fond et les performances d’un athlète » a mentionné Dr Howe.

Toujours selon ce chercheur, les médias montrent seulement certains types d’handicap. « L’attention médiatique sur certains handicaps ou types de corps est plus grande. Par exemple, les médias vont s’intéresser davantage à des athlètes qui sont jolis, bien articulés et connaissent beaucoup de succès. Ils vont moins s’intéresser à un athlète tétraplégique qu’à un athlète paraplégique ou portant une prothèse, par exemple » affirme Dr Howe. Les athlètes ayant une paralysie cérébrale sont donc souvent laissés dans l’ombre, faisant en sorte que certains sports adaptés sont négligés par les médias, comme le boccia.

La Super Série paralympique couvre, pour le moment, uniquement des Coupes du monde ou des championnats du monde de ski para-alpin. D’autres compétitions seront annoncées durant l’année, alors nous espérons que l’offre sera plus variée!

Cette Super Série paralympique demeure néanmoins un pas vers l’avant pour le sport paralympique. C’est une occasion pour les athlètes de profiter de cette visibilité pour faire rayonner le sport adapté. Elle peut également encourager des jeunes à être plus actifs. Le forfait est disponible seulement sur le web, mais peut-être que cette initiative incitera d’autres médias à couvrir des championnats du monde de paracyclisme ou des coupes du monde de basketball en fauteuil roulant, par exemple. À quand une Coupe du monde de parahockey à la télévision?

Maxime Gagnon
Président-directeur général