Le hasard peut souvent bien faire les choses. Il y a environ cinq ans, Lee Leclerc a décidé de suivre des cours de cuisine. Il y a rencontré Catherine Dupont, la sœur du médaillé paralympique Alexandre Dupont. Une rencontre qui a complètement changé sa vie.

« Elle m’a invité à aller voir son frère participer au Défi sportif AlterGo. J’ai rencontré Alexandre et j’ai tout de suite eu la piqûre pour le sport », raconte Lee Leclerc, qui avait longtemps joué au soccer et fait de l’entraînement spécifique aux arts martiaux mixtes.

À ce moment, Lee, qui a la paralysie cérébrale, cherchait surtout à faire un sport où il aurait le moins de limites possible. « Ce sont mes jambes qui sont le plus affectées, donc si je cours, soit je ne suis pas vite, je cours tout croche ou je tombe. Mes bras ne sont pas affectés alors le para-athlétisme en fauteuil roulant, c’est parfait pour moi. »

L’année suivante, l’athlète de Saint-Paul de Joliette était sur la ligne de départ de l’épreuve de 10 kilomètres du Défi sportif AlterGo.

Sa progression sera fulgurante. Huit mois après, il participait à ses premiers Championnats canadiens. En 2018, il s’est rendu en Espagne pour les Jeux mondiaux de la paralysie cérébrale et a récolté deux médailles d’or, au 400 m et au 1500 m.

Cette année, le détenteur du record canadien au 1500 m profite de la Classique Chantal Petitclerc pour participer à une première course de 10 kilomètres de la saison. Celui qui s’est entretemps spécialisé sur de plus courtes distances, les épreuves de 100 m et de 800 m étant les deux courses dédiées à sa classe sur la scène internationale, était tout de même heureux de se retrouver là où tout a commencé pour lui. « C’est toujours un bon défi personnel de venir ici, souligne-t-il. Les sensations allaient bien malgré la distance. En général, ça s’est très bien passé. »

Lee Leclerc a terminé la course au 4e rang. C’est d’ailleurs celui qui a initié au sport, Alexandre Dupont, qui a remporté l’épreuve.

Les yeux sur les mondiaux et Tokyo

Les Émirats arabes unis, de même que le Japon sont sur la liste de Lee Leclerc, lui qui aspire à se tailler une place au sein de la délégation canadienne aux prochains Championnats du monde à Dubai l’automne prochain et aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2020.

« Je devrai travailler fort, mais c’est dans la mire. Si tout se passe comme prévu, ça devrait fonctionner », souligne-t-il.

Mais si son parcours l’amène ailleurs, il ne sera pas déçu.

« L’objectif n’est pas de battre des records du monde et de gagner plein de médailles d’or, mais de toujours m’améliorer, rappelle-t-il. Si en chemin, je laisse ma marque, tant mieux. »

Aller le plus vite possible, telle est sa devise. « Le plus vite j’irai, le mieux je vais aller ! »